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Témoignage de Anaëlle.

« Bonjour, je m’appelle Anaëlle et j’ai 20 ans. J’ai été harcelée mentalement, physiquement et sur les réseaux sociaux pendant 6 ans.

Tout a commencé en CM2. Je venais d’arriver dans ma nouvelle école et j’espérais naïvement me faire des amies. Je me suis rapidement intégrée dans un petit groupe de 3 filles dont je ne citerai pas les noms. L’une de ces filles avait un petit copain qui était souvent avec nous. Un jour, lorsqu’elle n’était pas à l’école, il a demandé à me parler en privé. J’ai accepté et il m’a avoué avoir des sentiments pour moi et vouloir quitter sa copine. Mon erreur a été de lui répondre un peu froidement qu’il ne m’intéressait pas et que je le trouvais égoïste de me dire cela dans le dos de sa copine qui l’aimait tant. Il l’a très mal pris et le lendemain, quand sa copine est revenue, elle s’est littéralement jetée sur moi en me traitant d’allumeuse, de p*te et tout un tas d’autres insultes…

Son petit copain lui avait fait croire que je l’avais embrassé de force. C’était totalement faux. À partir de ce jour, cette rumeur a commencé à circuler et a gâché ma vie. Je recevais constamment des insultes sur mon physique (j’étais un peu ronde), des insultes sur les réseaux sociaux, des montages photos et vidéos…

Une fois, on m’a poussée dans les escaliers en me disant que si je me fracassais le crâne, ce serait un soulagement pour tout le monde car ça ferait une ordure en moins dans ce monde. Ce jour-là, j’ai fini à l’hôpital avec le poignet gauche cassé et des blessures légères, mais mon cœur avait pris un grand coup. J’ai menti et j’ai dit que j’étais simplement tombée. Je savais que si je parlais, ce serait pire. Une autre fois, après le cours de sport, on a mis mon sac sous la douche, avec tous mes cahiers sortis et les filles ont allumé l’eau. Elles m’ont poussée à terre, et avec un marqueur indélébile, elles se sont mises à me dessiner sur le corps des points, en me disant que ce sont les zones qu’il faudrait que je découpe sur mon corps pour qu’on puisse un jour m’aimer. Elles m’ont jeté une paire de ciseaux et sont parties. C’est depuis ce jour que je me déteste et que je me dégoûte. En cours, on m’envoyait des mots avec des insultes, on me bousculait dans les couloirs, je passais mes récréations aux toilettes et au CDI. Je m’isolais et me détestais de plus en plus.

Ma vie de famille était aussi compliquée, et je n’avais personne à qui parler de tout ça. Plusieurs fois le soir, après une journée horrible, je piquais des boîtes de médicaments et j’en avalais le plus possible dans le but de ne pas me réveiller le lendemain et d’être enfin tranquille. Si je vous donne mon témoignage aujourd’hui, c’est que ça n’a jamais marché. Aujourd’hui, je n’ai plus de problèmes de harcèlement, mais par contre, j’ai toujours peur du regard des autres et des remarques. Je fais de mon mieux pour être la meilleure version de moi-même et ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse.« 

Merci à Anaëlle pour son témoignage.