Témoignages.

Mon témoignage est celui d’un Papa qui est resté impuissant devant une administration qui minimisait les faits.

Mon fils a subi des coups et des injures presque tous les jours dans une école privée.

Il osait m’en parler au début et j’en parlais à chaque réunion aux professeurs de mon fils.

Grande section, CP puis CE1 sans jamais que cela ne change ou même s’améliore. J’avais droit à « nous nous en occupons », « nous connaissons le problème », mais jamais rien ne changeait et l’agresseur continuait. Pire, les professeurs mettaient la faute sur mon fils en l’accusant de ne pas communiquer avec les enseignants (qui avait pourtant été alerté par ma part à plusieurs reprises).

Je précise que de septembre à décembre de sa scolarité en CE1, il a pleuré tous les matins pour aller à l’école. Il s’angoissait de la reprise de l’école dès le samedi pour le lundi. Une véritable phobie scolaire !

Un jour, un copain de mon fils est gravement blessé par ce même agresseur avec 2 jours d’ITT.

Quelques semaines plus tard, mon garçon se plaint en pleure encore une fois d’une agression de ce même élève qui lui fit vraiment très mal … et qu’il en avait vraiment marre.

C’était la fois de trop pour moi, je profite de la présence de la directrice au portail pour lui parler, très contrarier de ce qui arrive encore à mon fils.

J’ai eu droit à une personne froide, qui ne savait pas se mettre à la place d’un parent en détresse et épuisé de faire confiance sans le moindre résultat. Elle m’a même suggéré de placer mon fils dans une école publique, menaçant de ne pas le réinscrire l’année suivante pour couper court à mes accusations et ma colère envers leur inactivité, ne sachant pas me rassurer.

Je repars sans pourvoir donner à mon fils l’assurance de le protéger de son agresseur. Je suis impuissant et dépourvu de soutien.

Les larmes et l’état de mon fils d’habitude tellement souriant me donne envie de me dépasser ! 

De tout faire pour trouver une solution à cet interminable problème. Je décide de m’adresser aux autorités compétentes … mais c’est sans surprise que je ne reçois ni réponse ni soutien. 

Je n’abandonne pas ! Et je décide de parler de ce problème accompagné d’autres parents victime à la presse locale qui s’empare rapidement de l’information pour y consacrer un article. 

Suite à la publication de l’article, le directeur du collège et de l’école primaire se concertent et au lieu de trouver des solutions aux nombreux problèmes de violences dans leur école, décident de ne pas réinscrire nos enfants (ceux qui ont osé témoigner dans l’article) l’année suivante.

C’est là ! A ce moment précis que je n’ai su quoi dire à mon fils face à une telle injustice … 

oui mon fils, tu es la victime ! oui mon fils tu dois être protégé ! tu as bien fait de parler !

On t’a écouté. Mais oui, c’est bien toi qu’on a évincé, écarté de tes amis, tes habitudes.

C’est toi qui est victime de ne plus vouloir être victime. Que dire à nos enfants ? Parfois ça n’est pas la justice qui gagne, mais bien l’injustice.

Aujourd’hui mon fils évolue dans le publique avec des hauts et des bas, mais jamais je ne souhaite qu’il revive cela. Il faut se battre contre le harcèlement, mais encore plus contre ceux et celle qui le tolèrent.

J’ai rencontré Nicole, la présidente de cette association formidable qui m’a écouté … moi qui avait écouté mon fils mais que personne n’avait jamais vraiment écouté.

Merci à l’association de m’avoir soutenu dans ces moments si difficiles. Une écoute précieuse que tout parents d’enfant harcelé devraient bénéficier.

Alex.